From Danemark with love

07 mai 2010

De retour de mon île déserte!

De retour de mon île, je vous poste quelques articles écrits là-bas... Pas d'Internet, seule, propice à la réflexion...
C'est posté par ordre chronologique: le plus haut est le premier... Je me doute bien qu'aucun de vous ne lira tout ça mais il y a quelque chose d'extraordinaire de pouvoir poster son journal et de l'offrir à la lecture à des personnes en qui on a toute confiance... Rien que pour le plaisir d'avoir des
Les photos arrivent!

Amandine

FERRY -Samedi après-midi
Arrivée à Svendborg. Embarquement sur le ferry. Il pleut, pour changer. Je me demande comment un pays si pluvieux peut avoir une si bonne réputation. A l'intérieur du bateau, des couples âgés, quelques jeunes en bande, des familles. Je dois être l'une des seules à ne pas être accompagnée. Solitude forcée qui me convient bien jusqu'à présent. Avec quand même du mal à assumer, j'ai l'impression que mes pensées résonnent en moi. L'accès à Internet est payant. On dirait bien que je vais donc être accompagnée de moi seule pour ce voyage. Bien sûr, il y a les livres. Souvent remplis de solitude, je choisis très mal mes lectures. Des personnes en quête de l'amour impossible. Des familles déchirées. Des guerres qui éclatent aux quatre coins du monde. De toute façon, je lis trop vite pour avoir le temps de faire connaissance avec mes personnages. Ils m'émeuvent le plus souvent. Parfois m'emmerdent, avec leurs questions existentielles qui reflètent les miennes. Je lis pour échapper à mes pensées. Pas pour y être confrontées, noir sur blanc. La famille à la table à côté est particulièrement agitée. Il faut dire que le couple, plutôt jeune, voyage avec 5 enfants, tous en dessous de 10 ans. Le plus jeune doit avoir 1 an. Les plus grands rigolent de la mer et de ses mouvements désordonnés. Des courageux aussi, qui l'affrontent sur des rafiots les protégeant à peine de la pluie. Je devine leurs questions, leurs rires. Bien entendu, je ne saisis pas un mot. Depuis trois mois que je suis ici, je me suis habituée à ces paroles dont je ne comprends pas le sens. Mes cours de danois sont déjà loin. Au début, je m'enfonçais mes écouteurs mp3 dans les oreilles, perturbées par ces bavardages incessants insensés. Maintenant, je les accepte. Ils font partie de mon voyage. De temps en temps, je m'isole encore avec ma musique mais c'est seulement le soir. Quand je suis trop fatiguée et que mon cerveau peine à traiter ces sons assourdissants qu'il ne comprend pas. Dans le bus aussi. Les Danois ont beau être des gens bien élevés, certains jeunes sont une vraie calamité. J'ai pourtant été jeune il n'y a pas si longtemps. Mais rien à faire, je ne supporte pas leurs expressions de meute. Ca me rend dingue. Ca m'effraie aussi, surtout le soir. J'attends toujours le moment où ça va exploser, dégénérer en bagarre ou je ne sais quoi. Je n'ai pas encore appris que les jeunes danois se contentent de faire du bruit. Je viens d'une ville rongée par les problèmes communautaires et les questions d'identité. Ca crée des conflits. Je sais aussi que je suis l'un d'eux. Des jeunes qui font trop de bruit. Qui dérangent à s'envelopper dans leurs musiques assourdissantes, leurs conversations agitées. Avant le ferry, j'ai subi 3h30 de train. Dans l'IC entre Aarhus et Odense, je me suis fait réprimander. La musique sortant de mes écouteurs était trop forte. J'empêchais les gens de travailler. Il faut dire que je m'étais installée dans la "silent zone". Là où mêmes les murmures sont interdits. Je me suis excusée. Mal à l'aise d'être prise en défaut de politesse, en crise de "jeunisme" moi qui me targue d'être déjà une adulte. C'est vrai que ma musique était forte. Réglée au maximum la veille pour éviter les conversations de trois jeunes dans le bus! Plutôt ironique comme situation. Heureusement, je n'ai pas encore perdu la capacité à me moquer de moi-même. J'évite les regards à l'intérieur du bateau. Peur qu'on m'accuse ici aussi de prendre trop de place. J'ai rassemblé mes bagages au maximum autour de moi. Mais je me sens coupable d'occuper cette grande table et d'y être seule. Je l'ai choisie pour être près d'une fenêtre, pour profiter du voyage. Profiter du paysage aussi. Ici, j'apprends que les plus beaux voyages sont ceux où la destination importe peu. Le pays est banal mais sa grandeur le rend magnifique. Comme la mer s'étale partout, la campagne a aussi su conserver ses marques. On peut parfois faire des kilomètres sans voir une habitation, avec seulement des champs à perte de vue. Maintenant, c'est la mer que j'aimerais voir à l'infini. Mais le voyage est trop court. La terre est trop proche. La pluie a inondé la vitre et le paysage est encore plus beau ainsi. Plus émouvant. Si je me concentre, je peux faire abstraction des terres pour ne voir que l'eau. J'aime bien. J'ai un peu moins cette sensation d'étouffer, qui ne me quitte plus ces derniers jours. Le pays a beau être vaste et parsemé d'étendues désertiques, j'ai souvent cette impression d'être à bout de souffle. En manque d'air. En manque d'espace. La mentalité danoise est étriquée, engoncée dans ses habitudes, ses règles et ses non-dits. J'ai du mal, moi qui aime la confrontation, le débat et l'anarchie. Même les trains se sont calés sur le mode de vie du pays. Ils sont à l'heure. Et même souvent en avance. Difficile à intégrer quand on a l'habitude des chaos, des problèmes, des retards et des annulations. Ici, la vie ne s'annule jamais. Mais elle étouffe dans sa perfection. J'aime les trains qui ont du retard et nouent les infortunés voyageurs. J'aime quand la conversation se déroule, banale mais complice. Un train annulé crée souvent une proximité inestimable entre les retardés. Je pensais détester ça. Les retards, les imprévus. Ici, ça n'arrive jamais et ça me manque. Tout est trop parfait. Je cherche les failles et ne trouve que les miennes. Je ne peux accuser personne d'être à l'origine des bouleversements de ma vie. Je suis la seule à en être responsable. Les Danois détestent les retards. Cinq minutes ne sont pas acceptables. J'ai eu du mal à me plier à la règle au début. Accusant parfois mes origines. Chez moi, ces quelques minutes prises sur l'horaire n'embêtent personne. Ici, on n'hésite pas à vous le faire remarquer. Avec une insolence qui frise parfois l'impolitesse. J'ai appris à m'excuser. Je le faisais déjà avant, chez moi. Mais là, je dois m'excuser vraiment. Pardonne-moi d'avoir mal calculé le temps qu'il me faudrait pour te rejoindre, de m'être levée en retard, d'avoir traîné dans la salle-de-bains ce matin. Pardonne-moi d'avoir eu l'incorrection de t'imposer ce temps d'attente. J'aime plutôt bien les temps d'attente moi. Des temps gagnés sur la vie qui court. Le moment où je peux, sans culpabiliser, me réfugier dans mes pensées, dans mes rêves. Le plus souvent, je ne pense pas, je crée, je m'invente un univers dans lequel je serais à la hauteur des attentes. Les miennes bien sûr. J'invente des vies pleines de rebondissements, dont je serais l'héroïne, blessée par la vie mais forte, courageuse. J'invente des vies dans lesquelles je n'aurais pas honte d'être moi. Dans lesquelles on pourrait m'admirer. J'ai tellement besoin de ce regard, de cette petite phrase que j'attends et qui ne vient jamais "Je suis fière de toi". Souvent, je pense que si j'avais vécu l'horreur, si mes blessures étaient plus visibles, plus acceptables, je serais mieux aimée. C'est sans doute pour ça que j'ai inscrit mes peurs et mes souffrances sur ma peau, à la lame de cutter. J'avais probablement besoin que ces blessures d'enfance, ces non-dits d'enfant trop parfaite, ces errances d'adolescente se lisent à la surface de ma peau. Certains psychiatres disent que ces marques, ces scarifications, sont la preuve d'un manque de frontières. De l'absence de limite entre soi et le monde. Borderline, ils avaient dit. Un diagnostic faux, que j'avais voulu être mien. Avec une maladie, tout serait dit. Je pourrais accuser ma maladie comme le bus en retard. Ce ne serait pas de ma faute. Mais je ne suis pas malade, à moins que la tristesse soit pathologique. Chez moi, il n'y a rien qui craint. Juste des creux un peu plus profonds que chez la plupart des gens. Et des montagnes impossibles à franchir. Déjà, je regarde les mots sortir de mes doigts et ils me paraissent autres. Ils ne sont plus les miens, ils sont ceux de tout le monde. J'offre mes mots au monde comme si ça pouvait aider quiconque. En réalité, il n'y a que moi qui ai l'illusion d'être aidée. J'écris en faisant comme si. Comme si je croyais vraiment qu'écrire mes peurs les sortait de moi. C'est faux bien sûr. Et les écrire ne les rend que plus réelles. C'est maman qui m'a confrontée hier, avant de partir, à la solitude qui serait la mienne tout au long de ce voyage. Elle s'est inquiétée de savoir si je n'aurais pas peur, seule dans un chalet, la nuit. Je ne lui ai pas répondu que les seules monstres que je crains sont ceux que je porte en moi. Ici, j'apprends aussi à faire confiance, en sachant que je devrai désapprendre ça dès l'instant où je poserai les pieds sur le sol belge. Les Danois ne volent pas, ou presque. Ils n'agressent pas, n'insultent pas, n'intimident pas. Ils sont polis et froids. Plus froids que polis de mon point de vue mais j'ai une prédisposition certaine à voir le mal partour où je passe. La grande famille a terminé son repas. Les plus grands jouent aux cartes, les deux "intermédiaires" ont disparu avec leur papa et le plus petit m'offre son plus grand sourire par delà l'épaule de sa mère. Je me souviens de ce que ma psy avait dit une fois, à la fin d'une séance dont je n'ai gardé aucun souvenir. "Je vous souhaite le sourire d'un enfant". Cela fait plus d'un an, c'était l'époque où je donnais des cours de soutien scolaire, juste avant d'arrêter pour cause de grand-père trop chaleureux. Depuis, cette phrase ne m'a pas quittée. Chaque enfant qui sourit m'offre le monde et je ne cesse de lui adresser en retour mes plus beaux sourires aussi, en espérant qu'il ne détournera pas le regard. Je m'émeus devant chaque enfant que je croise. Surtout si c'est un bébé dont le sourire révèle une bouche vierge de dents. Ces sourires me transportent dans une vie qui n'est pas la mienne, celle de la mère de famille que je rêve de devenir. Pas encore la tienne me rétorqueront certains. Mais pourquoi ai-je cette certitude en moi de n'avoir jamais un bébé qu'en le "volant", lors d'une étreinte sans amour dont je suis devenue si coutumière? J'ai pourtant décidé de réduire les risques. Je suis "protégée" pour les 4 ans à venir. Mais même le mot me fait sourire cyniquement. Je déteste avoir à me protéger d'un enfant. Mon enfant. Pourtant, en même temps qu'ils m'illuminent, les sourires des enfants m'effrayent. Ils me renvoient à mon ventre qui n'a encore jamais donné la vie. A mes peurs de ne pas trouver celui qui désirera cet enfant de moi. A mes craintes que le monde devienne encore moins sûr, moins engageant dans les années à venir et que je finisse par ne plus vouloir de ce petit être. Pour le protéger d'une vie qui le ferait plus souffrir qu'espérer. Et j'ai peur aussi de ne plus vouloir de lui, quand j'apprendrai qu'il grandit en moi. Que mes incertitudes prennent le dessus. Je ne serai probablement pas une bonne mère. Je ne sais même pas ce que ça veut dire. J'ai le don de faire souffrir tout ceux que j'aime. Voudrai-je d'un enfant pour le dégoûter de moi? J'ai grandi avec la sensation que rien ni personne ne pourrait jamais me protéger et me rendre heureuse. Que la vie n'était qu'un épouvantable champs de bataille où il fallait faire ses preuves sans cesse. Savoir plier sans jamais rompre. Garder la face. Sauver les apparences. A ce jeu, je suis devenue spécialiste du "comme si". J'ai développé un don certain pour prétendre être heureuse. Encore un mot galvaudé dont je ne suis pas sûre de jamais connaître le sens.    

CAMPING - Samedi soir
Il me semble que le ton de cette semaine est donné. Ce sera mise au vert et retour sur soi. Enfin, sur moi. Elle est plutôt effrayante cette solitude en fait. Je me rends compte que je ne suis pas loin de paniquer à certains moments. Je suis seule, paumée sur une île au beau milieu d'une mer dont je ne sais même pas le nom. Super, la journaliste. Le camping est très calme, ya pas beaucoup de gens qui viennent camper quand il fait ce temps. J'ai de la chance pourtant, il ne pleut plus, enfin. Je suis allée voir la mer, ai mis les pieds dedans. Bon, ben, c'est officiel, c'est froid! On dirait que tout veut me rappeler que je suis seule. C'est comme d'avoir une clope et pas de briquet, on voit plus une seule personne qui fume dans la rue. Ou de vouloir un gosse. Là, on a l'impression que tous les mômes de la planète se sont donnés rendez-vous pour venir faire chier. Ici, c'est le chalet. Normalement, c'est prévu pour quatre personnes. Conclusion, ya rien là-dedans à part deux lits superposés et une table. J'ai essayé d'arranger les choses, pour me sentir chez moi. Je suis douée pour ça normalement. Là, avec trois lits en trop, j'ai dû faire preuve d'imagination. Ya un lit dont j'ai piqué le matelas, c'est un "coin bureau". Ordinateurs, bouquins, disque dur, carte... l'habituel. Il y a un coin douche sur le lit "bureau". Shampoing, brosse à dents et essuies. Un des lits a désormais une fonction de garde-robes. J'y ai mis mes fringues. Et par la même occasion, je me suis rendue compte que j'aurais mieux fait d'emporter plus de pulls. On se les gèle dans ce pays, nom de Dieu! Le troisième lit, c'est le salon. C'est le lit du haut, en face du lit bureau, parfait pour regarder un film et pour lire. Le quatrième lit, j'ai vraiment dû me creuser la cervelle pour lui trouver une utilité. Finalement, il servira... de lit! Avec deux matelas au lieu d'un, j'imagine que c'est la récompense de la solitude. Il n'y aura personne pour ronfler non plus, c'est parfait. Je me demande pourquoi c'est si difficile, ou en tout cas, si "conscient" d'être seule sur cette île. Je passe de toute façon toujours énormément de temps seule, à Bruxelles ou Arhus. La solitude, c'est mon truc. Je lis, je regarde des films, je dors... J'aime ça normalement. Alors pourquoi ici, j'ai la gorge serrée et les yeux qui piquent? C'est un peu comme si je me retrouvais confrontée à mon pire cauchemar. M'imaginer au même endroit ou dans un endroit semblable, dans 5 à 10 ans, pas là pour bosser mais en vacances... et seule? J'ai tellement peur de ne pas avoir de famille que je projette cette peur partout où je vais. Comme si j'oubliais que j'en ai une, de famille. Mais c'est la mienne que je veux. Mes mômes, mon mari, mon chien, notre maison. Nos vacances, nos engueulades, nos fous rires. Je veux tout, en bloc, là tout de suite. Je suis prête, merde, je suis prête. Je sais exactement ce que j'attends de la vie. Et suis paniquée à l'idée de ne pas l'obtenir. En ne sachant pas si je dois travailler pour ou simplement attendre que les choses se passent. Il y a une part de moi qui a du mal à faire confiance au monde. A la Puissance Supérieure. A Dieu. Whatever. Je crois que si le plus complet des abrutis me demandait en mariage, là tout de suite, j'accepterais. Juste pour être sûre.

J'essaie de vivre ces instants de façon nature. Rien que garder la porte du chalet ouverte m'a demandé réflexion. Inconsciemment, je recrée ma bulle autour de moi, portes fermées, rideaux tirés. Surtout, ne pas voir et ne pas être vue. A l'intérieur de la bulle, tout pour ne pas me retrouver seule avec moi-même. Musique, livres, films, tout est bon. J'ai regardé un film dès le moment où je suis arrivée. Par peur de paniquer je crois. C'est donc ça ma vie, avoir peur d'avoir peur. Génial... Evidemment, je suis tombée sur LE film, celui qui parle de drogues, de fêtes, d'amitié et de sexe. Un peu d'amour mais pas des masses. De chômage, de crise économique, de pas d'avenir. Banlieue londonienne. Je ne savais même pas que ce serait ça, ils annonçaient une comédie, tu parles. Un film sur l'ecstasy pour oublier qu'on a une vie de merde, et de descentes toujours trop profondes. Avec une morale à la con, du style "drogues ou pas drogues, on s'en fiche, l'important c'est qu'on est tous ensemble". Des conneries. J'ai regretté l'extase, les paradis artificiels, dans la première moitié du film, me suis mise à penser à ma vie maintenant dès le début de la seconde et ai sombré dans l'atmosphère déprimante britannique juste avant la fin. Ils parlaient de lune de miel là dedans. Suis pas sûre d'avoir fini ma lune de miel avec les produits. Sauf l'alcool, là ça ne fait aucun doute. Je les revoyais dans leur parano post montée, je revoyais leurs délires et je me disais que ça me manquait. Me rappelait la peur que ça s'arrête subitement. L'angoisse aux premiers symptômes de descente. L'avantage avec l'alcool, c'est que ça redescend pas. C'est le produit parfait, et le pire. Ca ne s'arrête que quand il est trop tard. Quand on a perdu tout contrôle. La descente, elle a lieu bien après la cuite. Après 6h de sommeil, quand le réveil est douloureux. Je ne sais même pas si on peut parler de sommeil, c'est plus du coma dans mon cas. Parfois ça continue à me manquer. Cette possibilité de pouvoir m'échapper de moi. J'ai posé les pieds sur l'île et j'ai pensé "cool, une semaine loin de tout le monde, je peux m'exploser la gueule". Avant de me souvenir que j'ai fait le choix de l'abstinence. Putain, ya des jours où je regrette ce choix. Je veux dire, c'est comme si je m'étais arrêtée trop tôt. Avant d'avoir tout expérimenté. Alors, y a un goût de trop peu et peut-être pas encore assez de souvenirs humiliants et honteux pour pallier l'envie. Je voulais prendre le Big Book avec moi, il n'y a pas de réunions ici. Evidemment, j'ai oublié. On ne parlera pas d'inconscient, ça fait trop peur. Pourtant, ça va plutôt mieux ces derniers temps. J'ai moins souvent envie de boire jusqu'à perdre conscience. Mais quand ça arrive, c'est direct au cerveau et impossible à faire partir. De temps en temps, je prends quand même double dose de médocs. Juste pour retrouver cette sensation de crash total. Tout qui se met à tourbillonner, l'impossibilité de bouger, l'esprit qui s'enfonce dans le matelas. Mais même les médicaments ne fonctionnent plus. Je devrais prendre environ 16x la dose habituelle pour ressentir tout ça. A x8 ça ne change plus rien. J'ai le corps à la recherche de gestes de droguée. Une manière de fumer. N'importe quoi dans le mouvement qui ferait de moins une accro. On en revient aux marques. C'est tragique de ne pas laisser apparaître physiquement le bordel qu'il y a à l'intérieur. Rien à voir avec le regard des gens. Si j'avais autre chose à fumer que du tabac, je n'irais pas me promener partout les yeux rouges. Simplement, je saurais que je suis en accord avec ma tête.

Parfois je regarde tous ces mots que j'écris et ça me fait peur. Est-il possible d'utiliser tous ces mots rien que pour décrire un intérieur dévasté? Je me dis que j'ai probablement écrit l'équivalent d'Harry Potter tomes 1 à 6 en pensées absurdes. Et tout ça pour rien. Rien de bon ne sort de ces longs monologues intérieurs. Seulement des pages et des pages de texte que je pourrais envoyer direct à la corbeille plutôt que de les conserver religieusement. Combien de blogs, de mails, de messages postés sur des forums anonymes depuis que j'ai 14 ans? Je me souviens d'un été où c'était ma drogue. C'était un des pires moments de ma crise, j'avais 15 ans, presque 16. Je suivais ce stage de chant la journée où je pleurais sans cesse, en plus de faire jusqu'à 10 crises d'angoisse par jour. Le soir, je rentrais chez moi, mes parents étaient en vacances, je me calais devant l'ordinateur et je ne dormais presque pas de la nuit, passant des heures à correspondre sur un forum avec des inconnus aussi déprimés que moi. Je faisais des conneries aussi. Je me souviens d'avoir rencontré un type sur un chat et de lui avoir donné rendez-vous dans sa bagnole, devant la gare. Je devais avoir quoi, 15 ans. Au dernier moment, j'ai eu peur et je n'y suis pas allée. Merde, j'avais donné rendez-vous à un type de trente ans qui voulait me baiser dans sa bagnole sur un parking. Quand je repense à ça, c'est le total dégoût de moi-même dont je me souviens. Heureusement, ça va mieux. A ce moment-là de ma vie, et jusqu'à mes 18 ans au moins, j'aurais fait n'importe quoi avec n'importe qui. Je me foutais complètement de moi. Pire, je crois même que je recherchais cette sensation de saleté. Histoire d'être sûre que je pouvais me détester. Parfois, je me demande ce qui a basculé dans ma vie, à quel moment ça a foiré pour que je devienne ce que je suis aujourd'hui. Parce que le dégoût, il était là avant tout le reste. Avant toutes les bonnes ou mauvaises raisons de me détester. C'est venu soudainement et c'est jamais tout à fait parti. Je me dis que ça finira par partir, forcément. Comme tout le reste. 

CAMPING - Dimanche soir
Fin du deuxième jour, le premier entièrement passé sur l'île. Je m'étais trompée en parlant de retour sur moi. J'avais oublié le facteur "travail'. Quand je me concentre sur mon reportage, j'ai autre chose à faire que de me prendre la tête avec qui je suis ou d'autres trucs dans ma même veine. Aujourd'hui, journée très calme. Le dimanche, tout est complètement mort ici. Quelques courses, les pieds dans la mer (demain, je plonge!) et la visite de la ville. C'est magnifique. Minuscule et magnifique. Particulièrement aimé leur système de miroir: un double miroir savamment fixé devant la fenêtre de la maison, qui permet aux occupants d'espionner la rue le plus aisément possible. Original! Passé aussi énormément de temps à lire, à dormir, à regarder un film... L'épuisement est total, aussi bien physique que mental. Physique parce que deux heures de promenade dans la ville me mettent complètement à plat. Mental parce que rien que le fait de penser me donne envie de dormir. Evidemment, le soir j'arrive pas à aller au lit. J'écris, je lis, je fume... Je dois aussi avouer que ce chalet a un énorme inconvénient. Mais alors là, vraiment énorme (et je ne parle pas des toilettes de l'autre côté du camping!): il y fait glacial. C'est joli, c'est champêtre, je ne sais quoi, mais c'est prévu pour l'été. Alors maintenant que le soleil est là mais ne chauffe pas le moins du monde, les nuits sont longues et froides. J'ai été obligée de dormir toute habillée, genre jeans et chaussettes. Joie! Hier, je glaçais tellement que je suis allée prendre une douche rien que pour sentir de la chaleur. Et la douche était vraiment super. J'ai juste pris un coup à la fin quand je me suis mise à racler l'eau pour l'évacuer. Me suis souvenue que la dernière fois que j'avais raclé une douche, comme ça, c'était à l'hôpital psychiatrique. Les souvenirs de l'hospitalisation me prennent de temps en temps. Et je ne sais pas si c'est parce que ça me manque ou parce que je suis traumatisée! C'est vraiment dur d'être en psychiatrie. D'être enfermée, surveillée, épiée. C'est le comportement quotidien qui sert de base de diagnostic. Alors chaque mot prononcé, chaque geste est noté, inventorié pour en sortir un diagnostic censé aider à devenir normal. Je me souviens de m'être sentie vraiment humiliée quelques fois. Parce que tu perds tout contrôle de ta vie, toute occasion de prendre des décisions. Impossible de dire non aux médicaments par exemple, de discuter le dosage... Pas le choix, on prend ce qu'on nous donne, ni plus ni moins. Un truc qui m'avait particulièrement mise mal à l'aise, c'est d'être escortée à l'électrocardiogramme par une étudiante, Candice. Une petite blonde qui ne devait probablement pas avoir mon âge, étudiante infirmière. L'autre étudiante, Géraldine, avait beaucoup moins l'air d'une gamine. Mais je me sentais quand même particulièrement mal à l'aise avec ces deux-là. Je me suis demandée plus d'une fois ce que je foutais là alors qu'elles parlaient des 24h de Louvain et d'autres sorties entre amis. Ca m'a vraiment sauté à la gueule. Impossible de ne pas me comparer. Qu'est-ce qui faisait que moi, j'étais enfermée chez les fous, alors qu'elles avaient une vie normale de fille de leur âge? L'électrocardiogramme, c'était drôle par contre. Me souviens qu'on m'avait dit: vous venez, on a rendez-vous à l'électro. Et moi, innocemment, électro quoi? Coeur, cerveau...? Candice n'en avait aucune idée, elle avait dû aller demander. Le pire, c'est que j'étais contente de l'avoir mise en difficulté. C'est un jeu en psychiatrie prendre le personnel en défaut. Ca passe le temps! Je pense beaucoup à Joël depuis hier. Joël, il est arrivé quelques jours après moi, complètement dans les vap'. L'avait fait une TS aux antipsychotiques et avait passé quelques jours dans le coma. Très vite, il s'est révélé être un type extraordinaire. Complètement timbré mais aussi extrêmement intelligent (il battait tout le monde aux échecs et au Scrabble), très sensible. Paumé en fait. Maniaco-dépressif jusqu'au bout des ongles, pas fichu de prendre ses médicaments, camé jusqu'à l'os. Evidemment, il a réussi à sortir de là bien avant moi. Je ne sais pas ce qu'il a raconté au médecin mais ça a marché! Deux jours après, il venait m'attendre une après-midi lors d'une de mes autorisations de sortie (non accompagnée de 14h à 18h). On s'est promenés, on a bu un coca, on a fumé de l'herbe. J'étais complètement stone quand je suis rentrée. Personne n'a rien remarqué. Il y avait une fille, elle, elle fumait son stick tous les jours avant chaque repas, pour "s'ouvrir l'appétit". Ben personne n'a rien remarqué non plus, incroyable! Une des alcoolo en sevrage, un type en sevrage de Xanax, ils avaient tous les deux des médicaments pleins la chambre. Des "vieux de la vieille". Ils s'y connaissaient en truc pour tromper le personnel avec l'air de pas y faire. Tous ces gens, je ne les ai jamais revus, je leur ai à peine dit au revoir, mais quelque part, ils font partie de ma vie maintenant. Mireille, elle, c'était une jeune mère de famille dépressive, complètement débordée. Le jour où je suis partie, elle a essayé de s'ouvrir les veines avec une fourchette. Cela faisait des jours qu'elle répétait au psy qu'elle ne se sentait pas capable de sortir. Elle n'a trouvé que ce moyen pour qu'il comprenne son angoisse et ne la foute pas dehors. Gentille, Mireille, adorable même. Si j'avais été plus forte, j'aurais bien aimé l'aider. Parce que le plus dur en psychiatrie, c'est d'en sortir, dans tous les sens du terme. Il y a ceux qui à peine arrivés veulent mettre les voiles. Qui clâment haut et fort "qu'ils ne tiendront pas 24h de plus dans cette taule". Ceux-là, ils arrivent à leurs fins le plus souvent. Et puis, il y a les autres, comme moi, qui ne rêvent que d'une chose, c'est d'y rester. Parce qu'on est protégé, qu'on ne doit réfléchir à rien, et qu'on rigole bien parfois. Moi, je paniquais complètement à l'idée d'en sortir. Et si je m'étais pas engueulée avec les infirmières un maintenant, je n'aurais jamais réussi à partir. En psychiatre, on peut aussi faire toutes les conneries du monde, se laisser complètement aller. Sauf que moi, j'ai tellement peur de ce qu'on pense de moi que je n'y suis pas arrivée. J'aurais voulu pouvoir pleurer, me plonger sous la couette et ne plus en bouger. Mais les infirmières voulaient tout le temps me faire participer. Promenade à l'extérieur, activités, réunions de service... Au début, je disais "non, pas aujourd'hui". Mais après quelques jours, je me suis bien sentie obligée de bouger, même si j'avais la tête qui tournait avec les médicaments, même si je déprimais à l'idée de ne pas aller mieux, même si j'avais pas envie d'aller me promener en groupe avec une infirmière.   

CAMPING - Mercredi nuit!
L'air de la mer, c'est pas bon pour mes neurones! Ca s'agite beaucoup trop là dedans! Aujourd'hui, je viens de réaliser que quelqu'un m'a sauvé la vie. Je veux dire vraiment. Beaucoup de gens m'ont empêchée de me tuer. Mais seule une personne, deux en fait, ils étaient deux, sont arrivés à temps le jour où j'avais pris suffisamment de médicaments pour assommer un éléphant. C'est un sentiment bizarre. De devoir la vie à quelqu'un. Bien sûr il y a mes parents. Mais ça remet même ça en perspective. Parce que j'ai l'impression étrange d'être /i/ responsable /<i/. Vraiment responsable. Pour au moins deux (je compte deux parce qu'une personne est plus impliquée émotionnellement à mes yeux). Moi et elle. Comme si ce que je faisais de ma vie, maintenant, ne dépendait plus de moi. Ok, tu m'as sauvée donc maintenant, j'ai intérêt à me montrer à la hauteur du cadeau. Mais ça signifie aussi que je suis responsable pour mes parents. Pour eux aussi je dois me montrer à la hauteur. Si ce n'est que là, je n'avais rien demandé. Le "sauvetage", lui, répondait à un appel à l'aide. Je ne trouve pas les mots pour expliquer. Je sais juste que j'ai l'impression, là tout de suite, d'être au bord d'un précipice et d'être bientôt aspirée par un grand vide. Bref, j'ai le mal de mer quoi!

Merde. Il est temps que je retrouve la terre ferme où je vais me mettre à écrire des poèmes en alexandrins.

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20 avril 2010

Ca fait un bail

Bien le bonjour chers amis,
pardonnez mon absence malencontreuse. Un ordinateur qui se crashe, des visites de la Belgique et pas beaucoup de temps pour ecrire. Pardonnez aussi mon orthographe deplorable mais pas moyen de configurer ce clavier en francais. Et le danois ne connait pas les accents alors...

Je suis dans une periode un peu bizarre. Beaucoup de souvenirs remontent a la surface, c est le lot du mois d avril. J ai beau me dire chaque annee que, cette fois, je ne me laisserai pas avoir, rien a faire, Avril c est pas bon pour moi. D abord parce que c est en avril que j ai commence pour la premiere fois, il y a 7 ans, a me sentir vraiment mal. Alors, chaque annee, je pese le pour et le contre, ce qui va mieux, ce qui est toujours aussi pathetique... bref, je m enfonce volontairement ou inconsciemment je ne sais pas.

Ensuite, j ai enfin depasse la moitie de mon sejour au pays des Vikings. Alors, forcement, il y a une part de moi qui s inquiete pour la suite. J ai un job pour juillet mais apres? Un jour  a la fois on me dit mais ce n est pas facile tous les jours...

C est aussi une veritable tornade emotionnelle pour l instant. Impossible de decrire ca autrement. D abord je suis passee dans une phase up de ma "maladie". Peu d heures de sommeil, une folle envie de courir sous la pluie, de faire des conneries... C est epuisant et surtout, je sais que c ane va pas durer. Les medicaments m empechent d agir n importe comment mais dans mon cerveau tout va beaucoup beaucoup trop vite! Du stylke j ai lu 13 livres en 9 jours, ca fait peur, non?

Je continuerai plus tard, la je dois absolument aller a la bibliotheque avant que ca ferme!

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25 mars 2010

News, news, news

Chers amis, bien le bonsoir!

Pardonnez-moi d'avoir été tellement absente (je dis ça pour ceux qui m'écrivent des mails auxquels je réponds 1x sur 15) mais j'ai été occupée, et malade! Malade étant un bien grand mot, j'ai juste eu très très mal au crâne, probablement parce que j'ai la nuque bloquée depuis 2 mois! Soit!

Pas de nouvelles grandioses ces derniers jours, la vie avance un jour à la fois. Ce qui fait pas mal de 24h puisque ça fait deux mois aujourd'hui que je suis au Danemark! Le moins qu'on puisse dire, c'est que le temps passe vite! Bientôt la moitié du périple, ce qui fait que bientôt de retour à la maison. Fou, non?

Au menu des deux dernières semaines, Copenhague, où je me suis distinguée par mes photos de sdf (je vous les ai postées, non?) et une très belle réunion en anglais un mercredi soir. Un week-end de folie avec ma chorale danoise, ces gens sont géniaux! Ce qui me permet d'arriver à la conclusion que décidément, je m'amuse beaucoup plus avec des "vieux" (entendez par là, trentenaires et plus) qu'avec des jeunes. Les étudiants, très peu pour moi, merci! Enfin soit, ce week-end était vraiment extraordinaire... mis à part qu'il est vraiment temps que j'améliore mon danois si je veux réussir à chanter correctement dans cette langue!

Hier soir, 1er concert ici au Danemark. Quel chemin parcouru! Petite belge fraîchement débarquée et déjà sur scène après moins de deux mois. Je dois l'avouer, je suis fière de moi. Et je dois avouer que j'aime ça! C'est pas si souvent que j'ai envie de me lancer des fleurs alors profitons-en! En tout cas, c'était vraiment chouette, j'ai adoré être avec ces personnes et puis, chanter... Bref, ma vie quoi!

Je développe une sérieuse tendance à la nostalgie ces derniers temps. Faut que vous arrêtiez de me dire que la Grand Place est magnifique avec le soleil et que les terrasses des cafés de la ville ont envahi à nouveau les trottoirs... Bruxelles me manque! Vraiment!

Et vous me manquez... Ah, m'asseoir à la table, cette fameuse table orange, et vous raconter, vous écouter, me sentir entourée de votre chaleur... C'est terrible ce que ce Champ de Mars est devenu important pour moi... Profitez, veinards!

Je vous embrasse, je pense à vous,

Amandine

Posté par Aamandine à 21:20 - Commentaires [2] - Rétroliens [0]

12 mars 2010

Sweet little sister

Jour 46 C'est un partage de réunion pour ce soir... La plupart d'entre vous savent que j'ai deux soeurs, une de 23 ans et une petite de 15 ans. C'est de cette dernière dont j'ai besoin de parler. Elle a toujours été "le bébé" pour moi, "la petite". J'ai beau savoir qu'elle a 15 ans et demi, elle est toujours une petite fille fragile à protéger dans ma tête. J'ai du mal à passer outre et à voir qu'elle grandit. De temps en temps, ça me saute aux yeux mais c'est rare. J'ai toujours essayé de la protéger, souvent en partageant mes expériences avec elle. Elle a été la 1ère à savoir pour l'alcool. Ma manière de lui expliquer les dangers. La 1ère à qui j'ai parlé de mes blessures aussi. La seule dans la famille d'ailleurs. Une manière de lui montrer où ça m'avait mené...
Depuis que je suis ici, particulièrement, j'ai beaucoup de mal à savoir vraiment comment elle va. J'espionne son profil facebook! Un peu pitoyable je sais... Des conversations avec un type plus âgé? J'essaie de savoir qui c'est, s'il est en couple avec quelqu'un, s'il ne va pas lui faire du mal. Google est mon ami! Aujourd'hui, c'est un élément tout simple qui a déclenché mon inquiétude. J'ai vu qu'elle était devenue "fan" de la page Facebook consacrée à Valérie Valère, cette jeune écrivain qui s'est suicidée à 21 ans, l'auteur du "Pavillon des enfants fous". Un livre que j'ai adoré à son âge parce qu'il parlait de la souffrance des jeunes, de l'hôpital psychiatrique... bref, je m'y retrouvais pas mal.
Ca m'a pas mal questionné qu'elle se déclare fan de cette auteure. Tout comme ça m'interpelle quand quelqu'un lui écrit "si tu as besoin de parler, je suis là". Simplement parce que je voudrais savoir si elle va bien. Si elle n'est pas suicidaire, déprimée, angoissée. Je me projette pas mal en elle. J'ai beau la prendre pour une petite fille, je sais qu'à son âge, j'avais déjà fait une TS, je prenais des médicaments comme des bonbons, avais déjà trop bu plus d'une fois... bref, j'avais déjà fait des conneries.
D'ici, je me sens impuissante. Je ne sais pas comment l'aider. Je ne sais même pas évaluer si elle a besoin d'aide. Je pourrais lui poser la question. Je ne m'en sens pas vraiment le droit. Je n'ai jamais été vraiment là pour elle, même si j'ai essayé. Trop plongée dans mes propres problèmes pour parvenir à prendre soin d'elle.
Alors oui, je suis inquiète. J'aurais envie d'interpeller la terre entière, d'écrire à mes parents, à ma soeur aînée, à ma psy. A-t-elle vraiment besoin d'aide? Et si le jour où je bougeais enfin il était trop tard? Mais ai-je le droit de m'immiscer dans sa vie en partageant mes inquiétudes avec ma famille? Inquiétudes qui ne sont peut-être pas fondées. Je suis désemparée. J'aimerais pouvoir lui dire que je suis là mais rien n'y fait, je n'arrive pas à croire que nous pourrions vraiment parler si elle allait mal. Pourquoi n'a-t-elle pas confiance? Je n'en sais rien. Mais je le crois en tout cas.
Quand je suis à la maison, je regarde souvent ses bras. A-t-elle des cicatrices? Porte-t-elle un pull à longues manches en plein été? Je regarde ses yeux aussi. Est-ce qu'elle se drogue? Est-ce qu'elle boit? Je ne pense pas qu'elle est vraiment heureuse. Je ne suis même pas sûre qu'on peut l'être à 15 ans. Mais je voudrais au moins être sûre qu'elle n'est pas en danger. Et puis, j'aimerais l'aider à passer ce cap, l'adolescence, mais comment?
Désemparée.

Comment fait-on pour protéger ceux qu'on aime?
Je n'en ai pas la moindre idée.

Amandine

Posté par Aamandine à 22:04 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

11 mars 2010

Aïe Day

Jour 45 J'avais tort. Ca finit par passer mais la tristesse d'hier, elle est toujours là aujourd'hui. De beaux moments quand même, de superbes messages d'amis... merci! Sais pas trop d'où ça vient, c'est frustrant. Accepter les choses que je ne peux pas changer. Vivre cette tristesse, une émotion comme une autre qui a le droit d'exister.
L'acceptation... on bosse là dessus toute sa vie, hein?

"Vivre et laisser vivre". Y a du boulot aussi là dessus. Me suis beaucoup plainte des Américains aujourd'hui. Je sais pourquoi. D'abord, ce sont des personnes à l'opposé de ma personnalité (je parle de ceux de mon groupe, pas du pays tout entier). Ensuite, ben... j'étais triste! Les gens m'énervent beaucoup plus quand j'ai pas le moral. Merci les AA... Maintenant, quand les gens m'énervent, je sais que je dois peut-être envisager de faire le ménage dans ma tête. Definitely, le problème vient de moi aujourd'hui!

Présentation demain matin. Suis un peu stressée mais je sais que c'est normal. Alors ça va.
Un peu en manque d'affection aussi. J'ai laissé l'amour en Belgique.
Week-end que je vais essayer d'égayer en sortant de mon trou. Très mauvais pour le moral de passer trop de temps dans son lit. J'ai beau le savoir, je suis l'incarnation de la paresse!
Lundi, Copenhague, jusque vendredi. Et puis we chant choral. La semaine prochaine sera plus enjouée. Tant mieux. A faire de dépérir dans mon lit, je vais finir par vraiment croire que je vais mal. Et ce n'est pas le cas.

J'ai mon Ange Gardien qui veille...

Posté par Aamandine à 23:13 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]




10 mars 2010

Partage

J'ai parfois l'impression, en parlant avec certaines personnes (sur Internet ou dans la vie), de le "faire exprès". Ou du moins qu'elles pensent que je le fais exprès. Je veux dire d'être comme ça. Comme si je m'étais réveillée un matin en me disant que "tiens, ce serait sympa d'être déprimée pendant quelques années histoire de tester!" La réalité est toute autre bien entendu et ceux qui me connaissent le savent. Bref. C'est vrai que lorsque je ressens ça avec quelqu'un, j'ai tendance à vouloir me mettre en colère. A avoir envie de dire "merde, va te faire foutre". C'est plutôt malvenu quand c'est quelqu'un qui fait partie de mes "alliés" comme dirait ma psy, ou plus simplement, quelqu'un de bienveillant (pour reprendre un langage bien de chez nous).

Ces derniers temps, j'essaie de dépasser cette réaction unipolaire de "si tu crois que je le fais exprès, va te faire foutre!" Alors, j'essaie de comprendre ce qui fait que les gens pensent ça et quelle est la part de vérité dans tout ça.  Rassurez-vous, je ne suis pas une sainte, ça m'énerve quand même toujours beaucoup... enfin, ça me blesse surtout!

C'est vrai que parfois, je me rends compte que je vais mieux. Et ce n'est pas confortable comme situation. Comment expliquer? Ca fait quand même quelques années que je "joue à me détruire" (jeu dangereux et pas très agréable). Alors, aller mieux, c'est toutes les certitudes qui s'écroulent d'un coup. Du jour au lendemain (ou presque), on ne peut plus se contenter de dire que la vie est pourrie et qu'on veut mourir. S'accrocher à la vie, c'est beaucoup plus compliqué que de s'en foutre.
Parfois, ça fait trop peur. Je ne sais pas comment gérer ses émotions que j'avais oubliée. J'ai réappris les sentiments et j'ai réappris comment ça fait mal aussi. C'est le mal qui fait qu'on est vivant, que les émotions nous enveloppent et font de nous un humain. Mais quand pendant "si longtemps" (ratio calculé par rapport à mon âge! ;-) ), on n'a plus vraiment vécu ces émotions, c'est déconcertant. Et blessant. Je ne dois pas être très claire. Pas grave, on sait à quoi servent les partages.

Je sais que je donne cette impression. Vous savez. De passer mon temps à me plaindre plutôt qu'à avancer... Disons que j'avance en me plaignant. J'écris sur ce qui me blesse, ce qui me fait mal. Je n'écris pas ou peu sur ce qui va. J'ai mal. Je suis vivante. C'est la 1ère étape pour apprendre à vivre.
Parfois je râle aussi parce que je suis trop orgueilleuse pour dire que j'ai besoin d'aide. Que j'ai besoin de vous. Que j'ai besoin qu'on m'écoute, qu'on m'encourage, qu'on me dise "ça va aller" et qu'on y croie pour moi. C'est pas super délicat de ma part, c'est franchement maladroit, mais ça reste nouveau pour moi tout ça. Demander de l'aide et puis la prendre surtout...

Aujourd'hui, c'est un jour triste. Mais je grandis. J'arrive à dire que "ça ira mieux demain". Ou en tout cas que ce n'est que pour aujourd'hui. Je ne dis plus que tout est pourri. Aujourd'hui, je sens qu'un de mes amis souffre et j'ai mal avec lui. Et puis je me projette dans ce qu'il est en train de vivre. Et ça me fait peur de penser qu'un jour, je devrai continuer à vivre sans ma famille. Aujourd'hui, certaines personnes me manquent. Je leur parle, je les vois, je les entends, mais il y a ces 1000 km qui m'empêchent de m'asseoir à côté d'elles et de me sentir en sécurité, entourée, aimée. J'ai encore rêvé de vous cette nuit. Ca m'arrive régulièrement! ;-) Je rêve... que je suis en réunion, ben oui! Et puis j'ai envie d'un bébé aussi (mais ça, c'est pas pour tout de suite!!!)

Aujourd'hui, je suis émotionnellement en vie et, mon Dieu, c'est crevant!

Amandine

02 mars 2010

Danish day!!

Jour 36

Cette journée a été danish ou n'a pas été. Ok, ça ne veut rien dire, désolée!

Je voulais quand même vous décrire en détails à quoi ressemble une réunion AA ici haut (versus là bas). Les réunions auxquelles j'ai assisté en danois étaient... intéressantes! Je vais aux réunions chaque semaine en anglais mais le mieux, ce sont les réunions en danois. Bon, je ne comprends pas tout (loin de là) mais c'est assez drôle.

Ici, on commence directement par le préambule «Alcooliques anonymes est une association d'hommes et de femmes... ». Désolée je ne le connais pas encore en danois! Pas de prière avant et je dirais que c'est la seule chose que je regrette... Ensuite, et dans l'ordre: il y a-t-il des communications de service? A ce moment-là, il y a toujours quelqu'un pour prendre la parole et parler de Copenhague mais c'est tout ce que je comprends. Ensuite, y a-t-il quelqu'un qui assite pour la 1ère fois à une réunion AA? Souvent, c'est le grand silence. Et puis, y a-t-il quelqu'un qui assiste pour la 1ère fois à une réunion dans ce groupe? C'est là que j'entre en scène! ;-) Si le modérateur sait que je parle anglais, il s'adresse à moi en anglais pour que je me présente. Si pas, il y a toujours une bonne âme pour me dire « hey, on parle de toi là! ». Je me présente donc en quelques mots.

 

  • Bonjour, je m'appelle Amandine, je suis alcoolique et je ne parle pas danois.

  • Désolée, je n'ai pas compris ton nom. Encore une fois?

  • Amandine

Eclat de rire général, personne n'a capté non plus à la 2ème fois. J'adore! En tout cas ça me fait rire. Pour les Danois, je suis donc le plus souvent « Emma ».

Après l'éclat de rire, on passe aux choses sérieuses. Des anniversaires à célébrer, en jours, semaines, mois ou années? Est-ce que quelqu'un sent que sa sobriété est menacée et veut partager avant le début de la réunion? Ça, j'adore! Parce qu'ici, les réunions comme dans mon groupe bien-aimé (j'ai nommé Ixelles), c'est assez rare. Il y a les réunions « rien qu'aujourd'hui » qui y ressemblent mais le plus souvent, ce sont des réunions de travail de la littérature, Big Book ou pensée du jour. Le meilleur moment pour parler de sobriété est donc avant le début de la réunion.

La suite est assez simple: je vous rappelle qu'on s'écoute, qu'on ne s'interrompt pas et qu'on parle en je. La réunion est ouverte!

C'est là que la petite Belge, souvent, perd complètement le fil!!! Aujourd'hui, ils se passaient deux pièces, une en argent et une en or. Ce sont les cadeaux d'anniversaire! Il y en a une pour 24h, 48h, 1 mois, 2 mois, 3 mois, 6 mois, 9 mois, 1 an, 2 ans, etc. Avant de les remettre au bienheureux destinataire, les pièces font d'abord le tour de la table. On se les passe avant un grand sourire et une franche poignée de main: il s'agit de remplir ces pièces de l'énergie du groupe. Je trouve ça génial! Un peu kitsch mais je trouve AA entièrement kitsch et c'est ça que je préfère. Aujourd'hui, une femme célébrait ses 12 jours d'abstinence après une rechute. Elle avait amené sa pièce des 24h pour qu'elle refasse un tour de table et soit à nouveau remplie d'énergie...En tout cas, moi, si tout va bien, j'en reçois une dans 2 semaines!!! Le temps passe...

La réunion se termine par la prière de la sérénité, debout, en se tenant la main. Conclue par un vigoureux « tak », merci et à la semaine prochaine!C'est très cérémonial ici-haut! En tout cas, j'amuse beaucoup aux réunions et c'est un excellent moment pour penser au programme et donc à vous!

 

petite_sireneAutre super méga géniale nouvelle du Danemark. En fait, je suis très déçue... je n'aurai pas la possibilité de voir "La petite sirène"... vous savez, l'équivalent danois du Manneken Pis? Figurez-vous, et ce n'est pas une blague, que la belle s'envole pour Shanghai dans une dizaine de jours, pour l'exposition universelle. La justification donnée par les Danois? "Ben, de toute façon, les Danois s'en fichent de la voir, les seuls intéressés sont les touristes chinois. Autant qu'elle y soit!". Autant dire que j'ai trouvé ça énoooorme! En tout cas, si Manneken Pis disparaît, on sait où le trouver!!!


Dernière nouvelle de la journée, et c'est officiel, j'ai un sérieux problème avec les Américains. J'essaie de ne pas tomber dans les stéréotypes de la pom-pom girl et du joueur de foot mais sérieusement... Entre la jeune de 20 ans qui raconte ses expériences sexuelles à qui veut l'entendre et l'Américain moyen qui essaie de m'expliquer l'Union Européenne, je commence sérieusement à avoir du mal. Ajoutez à ça que l'un d'eux trouve très futé de se foutre de la gueule de mon anglais, je commence à perdre mon calme. J'essaie de me souvenir du programme (regarde dans ton assiette et pas celle de ton voisin) mais ça me demande une énergie dingue de ne pas sauter à la gorge des gens! Heureusement que la Tchéquie et l'Italie sont adorables!

 

Merci pour hier, merci pour votre aide, merci d'être là.

Tak tak tak tak comme on dit ici!

 

Bonnes 24h

 

 

28 février 2010

"Prozac Nation" Day

Jour 34

Prendre ses médicaments tous les jours. J'aimerais dire des pilules de toutes les couleurs, mais la plupart du temps c'est désespérément blanc. L'antidépresseur est légèrement plus coloré, selon le dosage. Médicaments le matin, médicaments le soir, médicaments toute la journée. Surtout ne pas oublier. Parce que si on oublie, le lendemain matin c'est la crise. Les mains qui tremblent et la vue trouble comme un drogué en manque. Je suis une droguée aux drogues légales. J'ai l'obligation formelle de prendre mes pilules chaque putain de journée. Une pour la route. Une pour la nuit. Une pour réussir à se lever le matin. Une autre pour s'endormir le soir. Une pour ne pas être trop déprimée. Une dernière pour ne pas être trop excitée. Je peux prendre soin de moi, a dit le médecin. Surtout réagir. Trop excitée: une pilule de plus. Trop déprimée, une autre à la place. Des petites pilules de toutes les couleurs de blanc pour rentrer dans les normes. Être comme les autres. C'est toujours ça au final. Pas trop déranger. Médicalement instable. Apprendre à prendre soin de soi. Être gentille avec soi-même chaque jour. Le faire pour soi surtout, pas pour les autres. Mais prétendre chaque jour que tout va bien. Surtout ne pas faire mal, ne pas faire peur. Ne pas causer de tort et ne pas rompre les liens. Pourvu qu'ils ne se rendent pas compte que je suis folle. Surtout, pourvu qu'ils ne remarquent rien. Mais les médicaments aident. Devenir la personne qui fait ce qu'il faut. Qui pense ce qu'il faut. Même si ce n'est plus moi. Ne plus se reconnaître dans le miroir. Savoir que c'est soi mais ne pas le voir. Tout est recouvert. Épais brouillard blanc. Je ne suis plus moi-même. Des médicaments pour savoir qui on est. Et plus rien d'apparent. Je déteste être cette personne complètement dingue qui ne sait pas pourquoi elle fait les choses et qui se sent mal. Médicaments qui donnent l'espace pour respirer. Mais plus pour être soi-même. Je dois choisir. Je dois renoncer. Être soi-même ou être « bien ». Ou au moins pas trop mal. Choisir la  vie sans vagues émotionnelles, tsunamis des sentiments. Calme, stable. Ou celle qui brise, qui fait mal mais qui au moins fait réagir. Celle qui donne envie de se tuer et l'instant d'après d'embrasser le monde entier. Choisir la vie où la folie régit tout. Mais avec au moins la certitude d'être soi-même.

 

Je les reprends ces fichus médicaments. Mais je me demande à chaque fois si c'est le bon choix.

 

Posté par Aamandine à 22:53 - Commentaires [1] - Rétroliens [0]

22 février 2010

Flash flash flash day!

Jour 28

Découverte de la semaine: la photographie au flash! Vous rigolez probablement parce qu'après tout, ce n'est qu'une torche (en tout cas, c'est ce que dit le prof) mais bordel, c'est vraiment vraiment pas pratique! Parce que faut la mesurer, la lumière de cette fichue torche. Et puis après faut la balancer avec la lumière de la pièce... et de la fenêtre bien sûr parce que le prof veut DEUX sources de lumière dans la même photo. Et puis, faut faire la différence entre tous les types de lumières flash différentes. "Ah bon, tu m'as fait un FF (comprenez fill flash, et moi j'ai pas compris ce que c'était)? Pour cette photo, j'avais demandé un NL (natural light, ça j'ai capté!).
Rajoutez quelques chiffres dans l'histoire, genre augmentez de 1/3F stop (je crois) et vous comprendrez pourquoi ça fait une semaine que je suis paumée!

Notez que j'ai bien ri aujourd'hui, même si j'ai pas compris pour le prof de flash, il dessine toujours des poissons morts au tableau pour illustrer ses explications. Ben oui, je lui ai demandé si on pouvait pas lui faire un sourire, au poisson, plutôt qu'une bouche tombante et dépressive. Et le prof, m'a répondu que sa bouche tombait parce qu'il était mort!

Qui a dit que je l'avais cherché???

Quoi d'autre d'important aujourd'hui?
Je sais bien qu'en AA, on ne parle pas de médicaments mais c'est mon blog alors je fais ce que je veux! Na!
Bref, le sujet du jour est sérieux (non, pas de machine à laver aujourd'hui!) alors restons zen, n'est-ce pas?
Tout ça pour dire que comme beaucoup le savent, j'ai un super traitement de cheval depuis que je suis considérée comme officiellement dingue (dit comme ça, finalement, ça fait pas si sérieux!!!).
Parmi ce traitement, un des médicaments m'ennuie beaucoup, il me rend très fatiguée et, puisqu'il limite mes délires, limite aussi mes fous rires, le moral au beau fixe, bref. Ce truc me modère mais ça manque un peu d'étincelles dans ma vie.

Conclusion, depuis 3 jours, fini, finito, adios et bye bye. Besoin de toutes mes étincelles pour être créative!
Le truc, c'est que depuis, plus moyen de fermer l'oeil, quelque chose comme 5h en deux nuits ce qui est peu, et les angoisses revenues en bloc!
D'un autre côté, je m'amuse beaucoup mieux sans qu'avec. La vie est beaucoup plus marrante, même s'il faut supporter les angoisses, et ça n'est pas très drôle. Je crains aussi de retomber dans les comportements potentiellement destructeurs, puisque le but de ce médicament, c'est aussi de m'éviter des états d'agitation extrême qui m'amènent à faire des conneries...

Dernière chose, et pas des moindres, j'ai passé un top cool trop chouette week-end, surtout dimanche. Visite de musée avec des AA, cinéma avec ma coloc, que demande le peuple?

Allez, je vais essayer de dormir. Avant de m'effondrer!

20 février 2010

Shopping Day

Jour 27 sérieux, déjà??? Le temps passe vite, je vieillis!
Traditionnellement, le samedi est jour de shopping pour les étudiants Erasmus. On se lève tard, prend un petit-déjeuner sain, plein de sacs vides et direction City Vest, ou le centre commercial du coin, là où se trouve le magasin favori des étudiants fauchés, j'ai nommé Lidl.
Aujourd'hui, c'est tempête de neige en plus, alors faut aussi s'armer d'un bonnet, une énorme écharpe qui monte jusqu'aux yeux et des gants de ski prévus pour température polaire! Il fait bon vivre au pays des Rennes (oups, non, je crois que je confonds!).
Le shopping avec les colocs, ça ressemble toujours à un remake pas super marrant du Juste Prix (vous savez, le jeu stupide de TF1) où le but du jeu est de traduire les couronnes danoises en dollar (pour Eve, américaine), en couronne tchèque (Pour Barbora... tchèque, on l'a compris) et en euro (l'infortunée membre de l'UE, votre dévouée rédactrice). Le problème, c'est que la Tchéquie et l'Amérique sont des grandes buveuses de bière et autres besoins dispendieuses et néfastes pour la santé. Alors le shopping nourriture, c'est un truc du style: mangeons équilibré et surtout PAS CHER! Ben oui, l'alcool c'est une véritable ruine. Dans l'histoire, il y a la gentille Belge qui ne boit pas et qui n'est donc pas aussi fauchée que les autres. Ou plutôt, qui n'abandonnerait pour rien son sacro-saint chocolat du matin sous prétexte que ce n'est pas absolument indispensable. Conclusion: on deale, on demande, on se sent coupable et... on achète le chocolat en prétextant que c'est un antidépresseur médicalement reconnu!
Plus sérieusement, pas facile de faire les courses avec de telles radines. Parce que je comprends bien que leur budget "alcool" mine plutôt leur budget "nourriture saine et équilibrée" mais ce n'est pas pour autant que je vais renoncer à ma junk food (entendez par là chocolat, biscuits -mmm, les Petits Princes à la vanille- et coca). Alors, j'ai fait un geste. Désormais le coca sera entièrement payé par mes soins et ne rentrera plus dans le budget commun. Mais j'ai comme l'impression que mon chocolat leur reste en travers de la gorge.

Souris, Amandine, c'est ça la vie en communauté!

Bon, j'ai aussi envisagé de leur dire d'aller se faire voir, en gros chacun pour soi et le frigo pour tous (mais chacun sa planche) mais je ne vais pas renoncer à ma tentative d'essayer de vivre en communauté. Bordel, je veux pas faire ma râleuse de compétition (Caliméro, le retour!) mais je préfère vachement vivre seulement avec la plus belle, la plus sympa, la meilleure des meilleures amies (Sophie, pour ne pas la nommer) qu'avec des étudiantes alcoolisées en permanence! Ca rend les rapports compliqués, le budget alcool.
J'ai gentiment expliqué à Eve que depuis que je ne bois plus, j'ai décidé de ne pas me priver de chocolat. Et elle est gentille, alors elle me dit qu'elle comprend et que c'est normal, mais bon, soyons honnête, elle n'en a rien à foutre de ma vie d'Alcoolique Abstinente et se préoccupe beaucoup plus de son porte-monnaie plein de billets verts!  
Un jour à la fois... une semaine de répit avant le prochain shopping!!!

A part ça, ben j'ai fait l'acquisition du siècle, le magnifique bouquin de réflexions quotidiennes AA. Bon, c'est légèrement en anglais (complètement même) mais ça va m'aider à entrer plus encore dans la langue de Shakespeare (Voltaire, tu me manques!). J'essaie de me fixer un programme AA plus intelligent que ce que j'ai fait jusqu'à présent: 2 réunions par semaine au lieu d'une seule et lecture quotidienne. Comme on me l'a gentiment fait remarquer par mail, les AA c'est un jour à la fois et faut essayer de se souvenir du programme de temps en temps... Alors, je m'y mets! Sérieusement j'espère...

Bon, je vous laisse, je vais prendre une douche (je crois que je pue... voilà ce qui arrive quand on ne veut plus se laver le matin pour éviter que les cheveux gèlent en sortant de l'appartement!)...

Demain est un autre jour avec au programme:
* Visite du lavoir de l'immeuble (ils sont marrants ces Danois, ils mettent des machines à laver pour tout le monde à la cave et faut réserver son heure de lessive... si ça c'est pas de l'organisation! J'ai rendez-vous avec la machine à 12h30!!!)
* Musée Aros (le musée de la ville) avec V et P, les AA locaux, pour une exposition photo
* Cinéma avec Isabella, Eve et Barbora... Martin Scorsese au programme!

Vous me manquez les jeunes, j'ai qu'une envie, c'est être en réunion avec vous... mmm, la réunion du lundi 20h30, du mercredi... Profitez-en bien, il est top cool notre groupe!

Posté par Aamandine à 23:39 - Ma vie d'Erasmus student - Commentaires [0] - Rétroliens [0]